Journée de transhumance
- sebastien. girard

- 2 juin 2018
- 3 min de lecture
Senyati Safari camp, Kasane, Botswana le 3 nov 2016
C’est à regret que nous quittons les bords de l’Okavango, notre si bel emplacement de camping et ce camp des plus agréables. Mais je vous en reparlerai dans quelques jours de l’Okavango car notre itinéraire nous fera recroiser son cours. Nous partons, donc en roulant dans la bande de Caprivi d’ouest en est. La bande de Caprivi, c’est l’excroissance dont je vous parlais et dont est affublée la Namibie. Si vous regardez une carte vous verrez que c’était une voie d’accès que les Allemands s’étaient ménagés pour rejoindre le Zambèze et éventuellement étendre leur empire colonial jusqu’à la côte est de l’Afrique et Zanzibar. Mais les Anglais, par l’intermédiaire de l’ineffable Cecil J. Rhodes, ont colonisé la Rhodésie (actuel Zimbabwe) et ainsi freiné les velléités impérialistes des mangeurs de choucroute. Ça et la chouette petite guerre qui s’est jouée au début du 20ièeme siècle. Je vous l’ai dit, je suis pas prof d’histoire mais si je veux que vous compreniez faut bien que je vous mette en situation… J’en étais ou avec tout ça?? Ah oui, à traverser la bade de Caprivi engoncée entre l’Angola au nord et le Botswana au sud.
Une merderie nous arrive ce matin, le fusible responsable de contrôler le courant depuis notre seconde batterie vers notre frigo a grillé et je ne trouve nulle part son pareil pour le remplacer. La chaleur monte dans le frigo et nous fait même craindre que nous devrons peut-être nous résigner à consommer l’apéro tiède cet après-midi. Que les ancêtres des bushmen nous en préservent.
Vers 13h30, nous arrivons à la frontière du Botswana et procédons rapido presto aux formalités d’entrée. Ils protègent jalousement leur population de bestiaux et nous font rouler avec le pick up dans une solution désinfectante, nous font dresser une liste des légumes que nous possédons et nous les font jeter avant de passer la ligne frontière enfin, ils nous font nous-même marcher dans la solution désinfectante comme si nous étions des pestiférés.
En entrant dans le pays, nous nous retrouvons sur la voie de transit vers la ville de Kasane la voie en question passe à même le parc de Chobe. A peine 400 mètre après notre arrivée, nous devons freiner pour laisser passer 4 girafes. Un kilomètre plus loin, nous nous rangeons sur le bord de la route pour observer ne Lionne qui digère, couchée à côté du cadavre de l’éléphanteau qu’elle s’est fait pour le dîner. Pour votre gouverne, carcasse de girafe ou d’éléphant, par 35 degrés, l’odeur est la même. Et encore des éléphants qui font du highway quelques kilomètres plus loin.
Arrivés à Kasane, J’achète un fusible de 40 amp. qui n’est pas du même modèle que celui qui a grillé et le patente pour qu’il prenne la place de l’autre. Opération réussie, on aura de la bière fraiche sous peu. Nous profitons de notre passage en ville pour regarnir frigo et glacière et nous éloignons de Kasane pour rejoindre le Senyati Safari Camp. Quel bel endroit et chacun des sites de camping est doté d’une cuisinette et d’une salle de bain complète. Du camping de luxe.
Pendant que nous préparons notre souper, on lève les yeux et l’on voit passer, à 100 mètres de nous, une famille d’éléphants qui se dirige vers le point d’eau du camp. Il était 19h00 à ce moment. Il est maintenant 21h 20 et les éléphants n’ont pas cessé de défiler devant nous. Je fais une estimation conservatrice en disant qu’Il a dû en passer 120. Après le souper, pour être plus à notre aise, nous sommes venus nous installer au bar du camp qui surplombe le point d’eau. Je vous écris présentement et, levant le regard, j’aperçois une quarantaine de pachydermes pataugeurs. De quoi me faire oublier notre mésaventure d’hier!! Je vais devoir me mettre un temps limite car je soupçonne que ça va durer toute la nuit et demain, ça va tomber de haut!!! (comprenne qui peut!!)
À demain











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