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Petite journée Tampon

  • Photo du rédacteur: sebastien. girard
    sebastien. girard
  • 25 juil. 2019
  • 4 min de lecture

Harare le 23 octobre 2018


C’est pas parce que l’on est en voyage que l’on peut pas se la couler douce. Je sais, je vous ai habitué à des journées dignes d’un triathlonien mais ce matin, dans le grand lit de la chambre de notre trois et demie à Harare, nous avons dormi. Et tant pis pour vous.


C’est donc vers les 11 heures que nous nous mettons en route pour le quartier chic de la capitale pour prendre ensemble un brunch et finaliser les achats pour demain car nous partons tôt pour le parc national de Mana Pools sur les bords du Zambèze.


Mais n’allons pas trop vite. J’ai un secret pour vous, aujourd’hui, c’est Noël a Harare. Oui oui, presque deux mois à l’avance.. Là j’en vois qui se tortillent sur leur chaise pour savoir pourquoi je dis ça. Allez, je savoure encore un peu; devine… Bon, comme d’habitude je vais devoir tout t’expliquer en détail et peut-être même deux fois pour que tu comprennes bien!! Eh bien soit : je m’exécute. Je te ramène au texte d’hier dans lequel je te parlais de la bourse parallèle des billets de banque. Le Zimbabwe manque à un tel point de papier monnaie que la grande majorité des transactions se font de compte à compte, avec de l’argent virtuel, sans que rien ne puisse en garantir la valeur. Ce sont ces transactions numériques qui tiennent encore debout une économie par ailleurs de plus en plus bancale. Alors tu comprends que quand ils voient des billets, ça provoque chez les filles et les gars, des réactions qui sont d’ordinaire provoquées par autre chose. Nous, nous sommes arrivés sur la terre des Shonas avec 4000$ en espèces sonnantes et trébuchantes portant tous la signature du président de la Fed. Alors tu comprends que ça en met encore une couche de plus.


Ce matin donc, nous avons fait changer par la charmante Susan qui est la propriétaire de notre Air BnbB la somme de 500$ pour lesquels nous avons obtenu 1000$ de bond notes (je vous rappelle que ça a la même valeur pour faire des achats). Ça, c’est un profit vite réalisé. Mais comme tu n’es pas sans le savoir, l’argent vite gagné est aussi vite dépensé. Nous avons donc acquitté toutes les emplettes de la journée en bond notes incluant la facture de Zimparks (l’autorité qui gère les parc nationaux) qui nous demandait 1106$ américains pour 7 nuits de camping dans 2 parcs nationaux. Onze cent US pour faire du camping calvaire, on trouvait ça un peu cher tu comprends mais 550$ c’est déjà plus raisonnable.


De retour à la maison, nous échangeons un autre 600$ qui nous donne un pouvoir d’achat de 1200$ ce qui devrait être suffisant pour nous ramener en Afrique du Sud avec encore en poche deux mille des quatre milles dollars du départ. Et c’est pour ça que je dis que Noël est à l’avance au Zimbabwe !! Cecil Rhodes ou le destin fabuleux d’un ado Asthmatique.


Il a l'air sympathique comme une attaque de cholera

Cecil John Rhodes est né dans le Hertfordshire en 1853. Adolescent à la santé fragile, il quitte l’Angleterre et son climat merdique à 17 ans pour rejoindre son frère qui s’est fait fermier dans le Transvaal, en Afrique du Sud. Peu versé dans le travail de la ferme, il rejoint les champs diamantifères de Kimberley au moment ou s’y installe une véritable ruée ver les diamants. Après avoir essayé d’exploiter une concession avec son frère, le jeune Cecil, constate qu’il y plus d’argent à faire en vendant du matériel à ceux qui s’échinent plutôt que de s’échiner soi même. Il devient ainsi un des hommes les plus importants de Kimberley. Au fur et à mesure que les petits exploitants de concession s’épuisent, Cecil leur rachète leur parcelle de terrain et a partir de 1885, il est le seul propriétaire de la mine de diamants de Kimberley et contrôle 90% de la production mondiale. Il crée la compagnie DeBeers qui est encore aujourd’hui, un des plus important acteur du marché des diamants. Une fois sa fortune faite, notre Asthmatique se lance en politique et devient premier ministre de la colonie du Cap. Fervent impérialiste, il rêve de relier le Caire qui est anglaise au Cap de bonne espérance qui est anglaise aussi en passant par le Soudan, le Kenya et la Tanzanie, Toutes des terres sous domination britanniques. Ne reste que les terres au nord du Limpopo qui sont habitées par les peuples Ndebele et Shonas. Et bien qu'à cela ne tienne, notre petit congestionné de la bronche lève une armée privée par l’intermédiaire de la british South Africa Company qui lui appartient et envoie 700 homme armés de fusils mitrailleur se battre contre de farouches guerriers armés de sagaies et de boucliers en peau tannée. La conquête a tellement bien réussie que les terres au nord du Limpopo se sont vues nommées Rhodesia du vivant même de Cecil. La Rhodésie du Nord, actuelle Zambie a fait son indépendance en 1968 et la Rhodésie du Sud, Actuel Zimbabwe, a fait la sienne en 1980. Hormis Alexandre le Grand qui semait les Alexandrie et les Alexandretta dans son sillage, je ne trouve pas dans l’histoire d’autre exemple d’hommes qui ont vu deux pays nommées en leur honneur de leur vivant !! Fin de la parenthèse historique, je te reparlerai sûrement de Cecil Rhodes d’ici la fin du voyage. Il me semblait simplement important de te dresser un portrait de l’homme qui a donné son nom a cette terre pendant presque 100 ans. Comme ça tu pourras faire semblant d’avoir un peu de connaissances générales sans même avoir à m’en créditer. Je te le fais gratisse, c’est pour ton bien !!! Demain nous dormons dans la tente sur les bords du Zambèze. Je sais pas si je vais pouvoir te nourrir de nos récits à couper le souffle et à contracter les sphincters vu que je sais pas si nous aurons du réseau. Mais bon, tu peux toujours te replier sur le Allo Police en attendant de nos nouvelles !!

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