top of page

Grosse Journée

  • Photo du rédacteur: sebastien. girard
    sebastien. girard
  • 1 juin 2018
  • 5 min de lecture

Linyanti camp, parc national de Chobe, Botswana, le 5 novembre 2016

WOW, c’est le seul mot qui convient à cette journée merveilleuse mais combien éprouvante. Nous avons quitté Kasane assez tôt pour nous diriger vers le parc national de Chobe. Le premier segment que nous faisons dans le parc suit le bord de la rivière sur 50 kilomètres et nous offre des points de vue spectaculaires. Des troupeaux de zèbres, des antilopes de toutes grandeurs des kudus mâles avec leurs superbes cornes torsadées, des girafes un troupeau de buffles etc. Quand nous étions petits, Julie et moi, il n’y avait que 2 postes de télé : radio Canada et le canal 10 plus Radio Québec si tu gossait avec le UHF. Le dimanche soir avant le souper, il y avait une émission présentée je crois, par Walt Disney. On voyait apparaître une tête d’indien sur l’écran basse définition et l’on entendait : La mutuelle d’Omaha présente Le royaume des animaux. Ben c’est là que nous étions ce matin. Tellement fascinant que nous avons mis 4h 30 à couvrir les 50 kilomètres.



Une fois sortis de cette section du parc, nous apercevons, le long de la belle route goudronnée, une pancarte qui nous annonce notre prochaine destination dans 78 km. Pffff, bébé fafa sur une route en asfatte. Nous nous arrêtons donc pour un pic-nic en bord de route et prenons le temps de nous faire suer copieusement au soleil de 13h. Nous nous remettons en route vers 14h le sourire aux lèvres et demandons au GPS de nous indiquer un chemin n’empruntant pas les routes pavées (tant qu’à y être) pour nous rendre au camp de Linyanti. Pour le profane que tu es, mon lecteur assidu, le camp de Linyanti, sur la carte du parc de Chobe, c’est en haut à gauche; Hein, ça te la coupe ça hein?? Même selon les standards botswanais c’est reculé!!! Nous roulons donc en direction de Linyanti sur une route de granotte et je m’assoupis aux côtés de ma délicieuse chauffeuse. Elle me réveille car nous sommes arrivés au bout de la route. Oui, oui, on a abouti dans une cour d’école?? On se renseigne auprès d’une autochtone qui nous donne comme indication que nous devons garder l’école sur notre gauche. Nous obtempérons et nous retrouvons, 12 minutes plus tard, sur des trace de tracteur en plein champ avec du Botswana tout le tour de nous!!! Ah Ah, elle est bien bonne. On rigole franchement mais là, va falloir rebrousser chemin, refaire les 30 kilo de garnotte dans le sens inverse et reprendre la route d’asphalte. Bon bon, on a perdu 1 heure et alors??? Alors?? la route pavée ne dure que 8 kilomètres et nous voilà sur une piste de sable meuble dont on ne voit pas le bout et sur laquelle il nous faudra rouler 70 kilomètres. À une moyenne de 25 kilo l’heure, faites les math!!! Au bout de 1 heure 30 minutes, nous arrivons à un embranchement qui nous marque 31 kilos à droite pour notre camp. Bon ben go!! Je roule sur les 4 roues motrices depuis notre arrivés sur la piste de sable et certains passages me donnent du fil à retordre mais j’ai compris que je dois faire le contraire d’une conduite normale et révolutionner très haut en 1ière ou en deuxième pour passer les carrés de sable. Je suis exténué, crispé et accroché au volant comme si je faisais la course de go kart lors de notre journée de gars. J’ai encore en mémoire l’enlisement de Sossusvlei!! Et v’là t’y pas que ce qui devait arriver arrive, je me cale jusqu’aux essieux…




Depuis notre entrés sur cette piste de sable, nous avons croisé 1 jeep il y a déjà 2 heures et depuis l’embranchement : personne!! J’ai la panique qui me gagne, nous sortons du truck pour aller chercher des branches d’arbre à glisser sous les roues pour servir de traction aid. J’essaie et ça glisse toujours. Merde. Nous sommes encore à environ 7 kilomètres du camp et le crépuscule arrive dans un secteur reconnu pour y voir des lions. Je lève la tête pour regarder dans la direction vers laquelle nous devrons probablement marcher et n’en crois pas mes yeux. Regarde Julie, un camion s’en vient!! Ca fait seulement 5 minutes que nous sommes pris. Le véhicule s’avance vers nous et grossit au fur et à mesure qu’il approche jusqu’à révéler un énorme camion des forces armées avec des roues de 16 pouces de large par 30 pouces de haut et équipé de 12 ou 15 beaux spécimen de botswanais premier choix. Ils descendent de leur monstre, noir comme de l’ébène et le sourire Colgate qui scintille dans le soleil de fin d’après-midi. L’un d’entre eux me tends une corde que j’accroche sous mon truck et il fait de même sur son mastodonte. En 3 minutes la chose est dite. Nous échangeons poignées de main et remerciement sentis. Je vous jure qu’ils seraient apparus auréolés avec des ailes dans le dos, je n’aurais pas été plus surpris. Ils me laissent passer et continuent leur route dans la direction d’où nous venons??!!?? Je n’y comprends toujours rien. PRO-VI-DEN-TIEL!!



L’arrivée au camp se fait par deux routards fourbus d’une journée de truck. C’est le bout du monde, mais notre site de campement est fantastique. Il surplombe un point d’eau ou s’ébrouent quelques hippos tandis que des éléphants gigantesques broutent la belle verdure du bord de l’eau. Dommage que nous soyons arrivés à 18h 30, ça ne nous laisse que 45 minutes pour profiter de la vue.



On fait notre petit train du soir et je déplie la tente sur le toit du pick up tandis que Julie installe les choses pour le souper à venir. A peine suis-je redescendu qu’Éole nous envoie un doux zéphyr de fin de journée pour nous apaiser les 35 degrés. Mais je ne sais pas ce que le Dieu des vents avait mis dans sa pipe car en 5 minutes le doux vent caressant nos visages se transforme en bourrasque qui répandent des tisons et font voler tout ce que nous avions sorti. Y compris la tente qui, subissant les assauts du vent, se replie en deux de façon brusque et soudaine!! Nous attendons que cesse la tempête pour faire le point sur les dommages. La tente est intacte hormis le toit imperméable qui s’est déchiré. On fera sans. Pour le reste, il ne s’agit que de ramasser les choses..


Là, j’ai hâte d’aller me coucher pour la laisser derrière moi cette journée là!! Ça, c’est peut-être juste un peu trop pour une seule journée.

 
 
 

Commentaires


bottom of page