Bagan toujours
- sebastien. girard

- 26 mai 2018
- 3 min de lecture
Bagan Le 1 er novembre 2017
Nous sommes repartis ce matin sur nos scouteurs sans moteurs pour continuer notre exploration du site infini de Bagan. Depuis notre arrivée avant-hier, nous explorons principalement les pourtours des temples principaux. Des pagodettes et des templions secondaires par rapport aux plus important du site. Ce matin donc, on s’est mis en route vers cette portion du site qui ne nous avait pas encore révélée ses secrets. Evidemment nous avons pris le chemin des écoliers et ce n’est que vers onze heures trente que nous avons atteint l’immense stationnement du Ananda temple.
Il est superbe. Les dimensions aussi sont beaucoup plus impressionnantes que la majorité de ceux que l’on a visité. Contrairement aux autres qui sont presque tous en brique rouge, le temple d’Ananda est en pierres claires. En plus, au cours de l’automne dernier, une campagne de nettoyage et de redorage de son stupa a été réalisée et on dirait un neuf alors qu’il a ses 900 ans bien sonnés !

C’est la dernière visite au cours de laquelle on a eu du plaisir. Ça fait deux jours complets que l’on couraille et nous arrivons juste au cœur de Old Bagan où sont concentré les édifices qui sont d’ordinaire les plus courus et c’est à ce moment que l’on s’écœure. On dirait un centre-ville comparé aux chemins de sable a travers champs que l’on pratique depuis deux jours. Il y a des centaines de scooters comme le notre stationnés et des autobus qui livrent leur torrent de japonais ou d’allemands aux étals des vendeurs de babioles installés en rang d’oignon le long de l’accès aux temples. C’est aux antipodes des rencontres secrètes et individuelles que nous avons eues avec l’Illuminé au cours des deux dernières journées dans des temples beaucoup plus petits mais avec plus d’âme.

Final boston donc, nous revenons au Yadarnabon Bagan hôtel pour faire saucette dans le bleu de la piscine et finir l’après-midi en sommeillant dans un transat. Après un excellent souper, je reconduis ma merveilleuse à la chambre avant qu’elle ne s’évanouisse de fatigue. Pour ma part, je décide d’aller voir de quoi ont l’air ces grands temples, le soir avec un éclairage artificiel. Nous sommes à new Bagan et sommes séparés de Old Bagan par une route qui égrène son chapelet de ruines sur 5 kilomètres. Seulement, c’est mal éclairé et je ne compte plus le nombre de véhicules qui circulent la nuit tous feux éteints sous prétexte d’économiser la batterie. C’est en arrivant a l’autre bout et en essayant de prendre des photos dans le noir des temples éclairés que je me rend compte de la situation dans laquelle je me suis placé. Autant il y avait du monde en début d’âpres midi, autant maintenant, y’a personne et je suis là, seul, sur une moto qui fait même pas de bruit à essayer de régler la vitesse d’obturation optimal sur mon appareil photo.


Ceux qui me connaissent savent que je crains peu de choses pour peu qu’elles soient dans la lumière. Dans l’obscurité, l’imagination débridée que vous aimez tant dans mes textes commence à me jouer des tours et ça me prend tout mon petit change pour me calmer et me ramener a la raison. Parce que là, les chiens errants qui sont si inoffensifs de jours deviennent une menace bien réelle, de même pour les serpents et je ne sais quelle autre bestiole tapie dans l’obscurité et qui n’attend que le bon moment pour me faire un mauvais parti !! Je reprends donc illico la route pour revenir dans les bras de celle que j’aime. En sortant du stationnement, j’entends un bruit inquiétant sur ma gauche mais je ne vois aucuns phares ni de feux de signalement. Et pour cause, ce sont deux cochers qui ont décidé de faire la course avec leurs calèches à touristes. Il n’y a que les fers des chevaux qui lèvent de temps a autres, une étincelle sur l’asphalte. Il est vraiment temps que je rentre pour dormir sinon Bouddha seul sait ce que je vais encore croiser sur cette route non éclairée, au milieu de la campagne Birmane !!



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