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Une sorcière

  • Photo du rédacteur: sebastien. girard
    sebastien. girard
  • 3 juin 2018
  • 4 min de lecture

Okaukuejo camp, parc d’Etosha le 28 octobre 2016

Avant notre départ de Swakopmund, nous avons pris le temps d’aller faire des courses. On sait bien qu’en dehors des villes, les denrées de base se vendent plus cher. Déjà que la Namibie coute plus cher que chez nous, on va pas faire exprès. 30 Litres d’eau, 2 sac de bois 5 kilos de briquettes à BBQ, des légumes en masse et de la viande qu’il nous faudra passer en contrebande à l’entrée du Parc d’Étosha; voilà de quoi sont constituées nos emplettes de ce matin.


Nous quittons la ville vers les 11h30 après nous être emmêlé les pinceaux pour trouver le bon chemin et nous être quelque peu disputé avec la torieuse de madame dans la petite boite Garmin. Enfin, nous quittons et faisons la plus grande partie du chemin sur des routes goudronnées, (je les trouve en fait moins sécuritaires que les routes de garnotte qui sont plus larges et sur lesquelles il n’y a pas de camions de transport à doubler).


Notre route nous fait passer par des villes mondialement connues comme Karibib et Omaruru (ou j’ai acheté un souvenir.. un souvenir de Omaruru, ça s’invente pas). La dernière ville avant l’arrivée au parc d’Étosha(1) s’appelle Outjo et nous nous y arrêtons pour une petite pause-café. Au moment de repartir, il nous reste 100 kilomètres à faire. J’ouvre les paris et demande à ma sublime beauté blonde à la hauteur de quel kilomètre nous verrons un ou des animaux et qu’est-ce que ce sera?? Elle gage sur une girafe entre les kilos 35 et 25 et je parie sur n’importe quoi entre les kilos 50 et 40. Au kilomètre 43, nous apercevons une petite antilope et au kilomètre 28, je vous jure que nous sommes tombés sur 3 girafes. Ma blonde, c’est une sorcière!!!


L’entrée du parc arrive plus vite que nous nous y attendions et nous n’avons pas eu le temps de sortir la viande du frigo (interdit d’entrer de la viande crue qui n’ait pas reçu leur approbation). Merde, je suis nerveux comme un petit gars qui vient de glisser une barre de chocolat dans sa poche sans la payer. Je remplis le registre et évite de répondre à la dernière question qui nous demande si nous sommes en possession de viande. Le garde à l’entrée pour sa part me demande si j’ai un drone ou une arme à feu??? Wow, si je m’attendais à ça??? Surtout le drone??? Enfin, nous passons la guérite sans qu’ils ne fouillent notre frigo. Ils y aurait trouvé de quoi se faire un bon BBQ; poitrines de poulet, rib eye, bœuf hache et 48 pouces de saucisse boerwors!!!




Nous arrivons au bureau d’enregistrement de notre camping en même temps qu’un gros orage précurseur de la saison des pluies qui commence sous peu. Nous profitons d’une éclaircie pour monter la tente et installer un peu notre campement. Ensuite, nous courons presque jusqu’au point d’eau adjacent pour voir les animaux. Manque de bol, l’orage a occasionné une coupure de courant et le point d’eau, d’ordinaire éclairé, est plongé dans l’obscurité la plus totale. On en est quitte pour une petite marche et nous revenons au campement pour faire un mauvais parti, sous l’œil intéressé d’un chacal(2), aux poitrines de poulet du paragraphe précédent.




Hydro Namibie(3) rétablis le courant durant notre repas et nous marchons derechef vers le point d’eau qui devrait maintenant être éclairé… Voici ce que l’on voit : 22 éléphants se désaltèrent paisiblement tandis que 4 girafes se tiennent un peu à l’écart et on dirait qu’elles attendent leur tour. Cette scène bucolique se poursuit durant environ 10 minutes et tout à coup, les 4 girafes tournent toutes leurs ridicules petites têtes dans la même direction et s’éloignent du point d’eau. Moi, je suis leur regards pour voir ce qui attire leur attention et je vois entrer en scène, dans le halo de lumière artificielle, une lionne, bientôt suivie par un Lion qui s’approchent de l’eau pour boire un bon coup. Les éléphants deviennent nerveux et nous prouve une fois pour toutes que ce sont eux les rois de la savane africaine en faisant détaler les 2 premiers lions. Mais une seconde lionne vient d’entrer elle aussi en scène et tient à avoir son tour à l’abreuvoir. Deux éléphantes se placent donc côte à côte avec un éléphanteau entre elles et regardent chacune dans des directions opposées sans bouger pour avoir à l’œil et la lionne qui boit et les deux autres qui ont du s’éloigner. Nous sommes assis sur des banquettes de bois et assistons bouche bée à cette pièce de théâtre animale qui se répète jour après jour depuis des millénaires.




1 Le parc National d’Étosha couvre 22000 km carrés et est reconnu pour être un des meilleurs endroit d’Afrique pour l’observation de la faune notamment le rhinocéros noir. C’est ben vrai!!

2 Un chacal, des chacaux tout le monde sait ca!!

3 Hydro Namibie ça existe pas. C’est un désert ce pays!!!

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