Dans lequel le désert nous envoûte et nous ensable
- sebastien. girard

- 5 juin 2018
- 3 min de lecture
Mardi le 25 octobre 2016,
La nuit est tombée sur notre seconde journée en sol Namibien et une journée EXTRAORDINAIRE s’achève alors que je m’installe à mon clavier à coté de notre pick up avec ma sublime couchée dans la tente sur son toit.
Vous allez me dire que ça devient une lubie lorsque l’on voyage mais c’est à 5 heures que la discrète alarme s’est fait entendre dans notre palais de canevas. J’ai eu beau demander un sursis de 15 minutes; mais non, c’est maintenant que nous devons nous lever pour aller voir le soleil se lever dans le désert du Namib. OK Go.
Nous quittons le camping à 5h45 pour nous diriger vers la dune 45 ainsi nommé car elle se trouve à 45 km de l’entrée du parc et, du même coup, de notre campement. Nous avançons vers les immenses dunes de sable orangé le long d’une route en plein désert. La lumière de l’aube nous permet de voir, çà et là, un oryx solitaire portant avec fierté ces deux longues cornes à peine recourbées faisant penser à des sabres de Hussard.
Nous arrivons à ladite dune 45 et entreprenons comme les quelques 30 autre personnes présentes sur le site, d’en faire l’ascension en en suivant la crête qui vient nous chercher en pente douce jusque sur le sol désertique. Une montée de 20 ou 25 minutes durant laquelle l’astre solaire se pointe au dessus d’une autre dune et nous inonde de sa lumière. Nous restons assis en haut, à contempler pendant une bonne demi-heure ce que seule la nature est capable de créer. Nous amorçons la descente par le même chemin mais bifurquons rapidement et, pieds nus, nous dévalons une des faces abrupte et chacune de nos longues enjambées est amortie par 6 ou 8 pouces de sable meuble.
Nous quittons et faisons encore un autre 15 kilomètre pour arriver au site de deadvlei (un nom invitant s’il en est). Les vlei, ce sont des dépressions crées par d’anciens lacs (en plein désert) qui ont été asséchés depuis longtemps et dont le fond est constitué d’une boue cuite par la chaleur du désert et qui prends une teinte blanche éclatante sous le soleil. (Une vallée quoi.) On accède à deadvlei en marchant dans les dunes et, arrivé au sommet de l’une d’elles, on voit en contrebas, cette vaste étendue blanche qui fait bien ses 2 kilomètres sur 3. Une fois que l’on a atteint le fond de cette dépression, on est entouré de dunes immenses de couleur orange qui tranche avec le bleu éclatant du ciel. La particularité de deadvlei, c’est qu’il demeure sur cet ancien fond de lac, des arbres morts mais bien enracinés dans cette boue quasiment pétrifié et qui découpe sur le blanc du sol et l’orangé des dunes, leur squelettes desséchés plusieurs fois centenaires. C’est une expérience hors du temps.
Encore un autre kilomètre sur cette route de sable meuble et nous arrivons à Sossusvlei. Une autre grande étendue blanche peuplée d’oryx et d’autruches. Des moments inoubliables.
Puisque nous trimbalons notre maison et que c’est l’heure de casser la croute, l’ombre invitante d’un arbre accueille notre pic nic pendant que le mercure monte et doit avoisiner les 40 degrés. Nous faisons après le lunch ce que les gens sous ces latitudes font pour éviter les heures les plus chaudes de la journée, une petite sièste .
La route qui nous ramène de sossusvlei (kilomètre 65) vers le parking (kilomètre60) est en sable profond et mou. Pour nous en venir ce matin, j’ai dû engager les 4 roues motrices et éviter d’arrêter par peur de ne pouvoir repartir. Et bien au retour, je me suis calé jusqu’aux essieux dans ce criss de sable orange fin comme de la poussière. Je me disais qu’un gars du nord comme moi habitué à sortir des bancs de neige, ça serait facile de me déprendre. Pantoute… le sable et la neige, c’est pas du tout pareil et je soupçonne le kilo de sable de peser beaucoup plus que le kilo de neige. Il aura fallu 40 minute et l’intervention de deux bons namibiens habitués de pratiquer cette route pour nous déprendre de notre fâcheuse situation. Je les ai gratifié d’un billet de 200$ namibiens soit 20 $ de chez nous mais v’là t’y pas qu’ils nous demandent en plus de leur donner de l’eau. Le précieux liquide vaut de l’or sous un soleil de plomb.
Encore un arrêt sur la route du retour et encore cet émerveillement devant tant de beautés naturelles. De retour dans notre campement, nous nous occupons tranquillement de nos oignons lorsque notre oreille est titillée par un parler qui se reconnait entre tous; des québécois ont posés leur tentes sur le terrain voisin du notre.. Criss y’en a partout. Nous nous concoctons un excellent souper et c’est le temps d’aller reposer nos corps fatigués.
À demain.





































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