Mandalay, capitale du nord
- sebastien. girard

- 27 mai 2018
- 4 min de lecture
Mandalay, le 28 octobre 2017
Vers 5h45 ce matin, une fort désagréable envie de pisser me désincruste des sièges 20 à 24. Mais dans un bus sans toilettes, c’est miction impossible (fallait que je la fasse). Je retrouve mon emmitouflée là où je l’ai laissée hier soir et des éléments circonstanciels comme le numéro de siège et le sac a dos a ses pieds plutôt qu’une véritable reconnaissance faciale me permettent de déduire qu’il s’agit bien de la merveille de Louiseville.
Nous gagnons notre hôtel en taxi et le jeune chauffeur nous entretien dans un mélange de français et d’anglais très amusant. Il nous propose ses services de chauffeur autour de la métropole et nous lui disons qu’on va y penser. Ce qui ne sera pas le cas car nous avons décidé d’affronter cette ville de 3 millions d'habitants avec le sempiternel motorbike. S’il est vrai que la circulation y est plus dense, l’orientation y est facile car Mandalay, tout comme Saigon et New-York, est quadrillée de rue et d’avenues numérotées se coupant a angle droit.
Notre chambre d’hôtel est tout-à-fait ce qu’il nous faut après une nuit passée pliés en deux sur des banquettes d’autocar. Grand lit, belle salle de bain, climatisation et on donne sur une grande piscine. C’est autant de luxe que les birmans sont capables d’offrir. Nous la quittons néanmoins après nous être rafraichis et restaurés car nous sommes des hyperactifs du voyage.

Directions les belles pagodes de la ville dont une recèle, sur des stèles de marbre, tout le canon bouddhique. Chaque stèle est recouverte d’un petit stupa blanc. Ça fait une forêt de stupas blancs autour d’un grand stupa doré. Mais à force d’à force, les pagodes, on va devenir des experts tellement on en visite. Puis, nous nous rendons visiter un monastère du 19ieme siècle qui a la particularité d’être le seul rescapé du palais royal qui a brulé en 1945 alors que les joyeuses activités du conflit mondial se sont transportées jusqu’ici. Tiens pour la petite histoire et pour garnir le mince catalogue de ta culture générale : Le roi Mindon meurt en 1878 et, dans un grand désarroi, et sous le coup d’une peine immense, le fils qui lui succède fait démonter l’appartement dans lequel son père est mort et le fait déménager hors de l’enceinte du palais. Il le consacre comme monastère bouddhiste a quelques encablures des douves du palais royal. En 1945, des bombardements ont complètement détruit le palais ; des pavillons en teck antique, tu comprends, ça crame bien ! Ce monastère est donc tout ce qu’il reste du dernier palais royal de Birmanie. (Si tu réussis à placer ça dans un souper, tu vas en épater plus d’un c’est sûr !!)


Nous continuons la visite citadine avec un arrêt dans une fabrique de feuilles d’or. Je peux pas croire qu’ils ont pas encore mécaniser ce boulot de forçat !!! C’est tout simple, s’agit de mettre un petit carré d’or pur déjà très mince sur une feuille très mince aussi de fibre de bambou (encore !) et de monter comme ça un sandwich de 3 pouces d’épais en répétant l’opération. Ensuite tu enroules ton sandwich dans un cuir épais, tu le fixe avec des sangles pour qu’il soit à plat sur une pierre, et tu pioche dessus avec une masse de 7 livres pendant 6 heures. Une job qui demande de grandes capacité intellectuelles comme tu vois !! Ça donne une feuille d’or d’une minceur inimaginable dont ils font une consommation monstre. Certaines statues de Bouddha pèse des centaines de kilos de plus que lors de leur fabrication a force d’application de ces petits carrés du précieux métal. On en a acheté 10. De quoi couvrir 20 pouces carres si on merde pas !!
Notre mauvaise nuit nous a rattrapée après le lunch et nous sommes allé profiter un peu du luxe que nos dollars US nous procurent. Tiens, une petite anecdote. En quittant l’hôtel ce matin, nous avons emprunté une rue inondée par endroit d’une joyeuse flaque de 8 pouces d’eau. La roue avant de la moto est tombée dans un trou, j’ai perdu l’équilibre et j’ai dû mettre les deux pieds dans l’eau. Jusque-là, pas trop de dégâts mais ma beauté blonde me dit un peu paniquée que le téléphone, qui est notre life line, est tombé dans la flotte durant la secousse. MEEEERDE ! Me v’là à genoux dans la flaque d’eau à tâtonner pour retrouve mon fidèle hyfone ! Je suis déjà convaincu qu’il est inondé et que tout le riz de la Birmanie n’arrivera pas à l’assécher, je finis par mettre la main dessus et, déjà à genoux dans l’eau, je remercie tous les saints et adresse un merci spécial a Bouddha pour le boitier étanche qui recouvre mon précieux. Pas une goutte n’a altéré les fragiles circuits !!
Ce soir, nous sommes allés veiller à la pagode Mahamuni et c’est encore une foule de birmans curieux et gentils qui nous abordent pour une photo, nous demander d’où nous venons et deux fillettes nous guide en nous expliquant ou nous devons saluer tel statue de Bouddha ou tel autre relique sacrée. C’est nous qui devenons la curiosité et c’est tellement merveilleux de n’avoir pas de main tendue après chaque interaction. Venez vite visiter ce pays avant que le tourisme de masse ne crée une frange de la société totalement dévouée à vider les poches des touristes et ne lui enlève ce côté désintéressé et amusant qui naît de la simple curiosité et du désir de bien accueillir le visiteur.




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