Quel caillou!!
- sebastien. girard

- 29 mai 2018
- 4 min de lecture
Kinmun le dimanche 22 octobre 2017
Les journées commencent de bonne heure puisque l’on en est toujours à récupérer le décalage de dix heures et demie qui nous séparent de la douce heure normale de l’est. C’est donc vers trois heures du matin que l’on cesse de dormir réellement pour sommeiller jusqu’à 6 heures.
Nous quittons aujourd’hui le confort du Best Western Chinatown pour nous mettre en route sur un circuit de plusieurs centaines de kilomètres qui nous fera voir pas mal de paysages au cours des trois prochaines semaines. Allez, on prend le bus pour le rocher d’or a neuf heures trente ce matin à la gare d’autocar de Yangon. C’est pourtant pas trop compliqué prendre le bus. Oui, sauf que la Birmanie est peut-être une exception à cette règle.
Nous quittons l’hôtel en taxi pour une petite balade de 45 minutes qui nous mène en périphérie de la ville a ladite gare d’autobus. Ici, je crois qu’il est important que vous saisissiez bien de quoi il s’agit. Prenez en gros l’espace occupé par le carrefour Laval et son stationnement, tracez-y des rues sans vraiment concevoir de plan pour l’expansion de la gare. Construisez des bâtiments le long de ces rues qui partent dans tous les sens et laissez-les se dégrader au fil des années. Enfin, appelez mon ami Sylvain Thouin pour qu’il vienne achever la chaussée à coup de pelle mécanique. Ajoutez à tout cela un millier d’autobus de tous genres et tous formats et vous aurez une bonne idée de ce à quoi ressemble la gare d’autocar de Yangon. Tu veux prendre un bus ? Pas de problèmes, y’en a pour tout le monde. Trouve le tien maintenant.
Notre serviable mais unilingue chauffeur de taxi s’est fait instruire par le groom de l’hôtel du nom de notre transporteur et c’est avec beaucoup de soulagement que des porteurs nous volent nos valises et les déposent dans la soute du bus en nous pointant du doigt la porte par laquelle ils nous invitent à y grimper.
Quel trajet. On est certainement pas dans un express. Le bus s’arrête aux 400 mètres pour on ne sait pas quoi. En plus, la clim qui fonctionnait très bien lorsque le bus attendait l’heure du départ nous est coupée et les fenêtres sont ouvertes dès que nous prenons la route. Il fait 36, avec un taux d’humidité avoisinant les 100% !!!
Nous avons réussi à charger une carte SIM dans mon cell hier et nous suivons le lent cheminement de notre mastodonte le long des routes affichées sur le GPS. A 5 kilomètres de notre destination alors que nous n’en pouvons plus : v’la t’y pas qu’ils font une pause de 30 minutes… A cinq kilomètres de notre point de chute. La, il y a de l’exagerance…
Nous rallions le golden sunshine hôtel en opérant une correspondance avec un pick-up qui transporte les honnêtes gens dans sa boite. Ce qui est plutôt commun par ici. Le programme est de décompresser un peu puis de monter au rocher d’or pour y vivre la tombée du jour et l’illumination du caillou avec tout le cérémonial que cela suppose de la part des fidèles. Mais si tu penses qu’on est parti pour faire comme on veut par ici ; tu peux aller te gratter !! C’est pas nous qui décidons. Nous apprenons que le dernier bus qui redescend du Rocher d’or part d’en haut à 18h00 juste à temps pour nous faire manquer le coucher du soleil.. Ben tiens donc y’en a encore des merdes en réserve ??

Nous sautons la portion repos de la journée et nous dirigeons rapidement vers le village de Kinmun pour sauter dans une nouvelle forme de transport : un camion dompeur dont la benne est adaptée pour recevoir les pèlerins. Des bancs en bois avec un mince coussin traversent la boite au tous les 24 pouces et les opérateurs ne décollent que lorsque c’est plein. Sachez simplement que le PLEIN birman est beaucoup plus plein que le plein de par chez nous. C’est donc soutenus par nos voisin de banquette que nous débutons l’ascension vers le caillou équilibriste. Sans rigoler, ça équivaut sans conteste a un tour de montagne russes à la ronde et là, ce n’est que l’ascension !!


Nous connaissons enfin la paix au sommet lorsque l’on arrive au Rocher d’or. Posé dans un équilibre improbable, il défie les lois de la gravité et les pèlerins males vont y apposer des feuilles d’or par millier. Les femmes n’ont le droit ni de l’approcher de trop près, ni de le toucher. C’est la première fois que nous voyons ce genre de discrimination dans un environnement bouddhiste. D’un coup, les nuages envahissent le rocher et l’esplanade tout autour. L’atmosphère devient éthérée et la température baisse de 10 degrés. C’est le moment que nous choisissons pour réintégrer notre méga chariot de montagnes russes pour la balade de retour. Heureusement que la noirceur est arrivée, cela nous évite de voir la route que le chauffeur aborde avec une assurance qui ne nous rassure pas du tout !!!




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