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Les dieux sont tombés sur la tête...

  • Photo du rédacteur: sebastien. girard
    sebastien. girard
  • 2 juin 2018
  • 3 min de lecture

Ngepi camp, bord de l’okavango, bande de Caprivi le 1 nov 2016


En quittant Roy’s rest camp ce matin, nous traversons la belle route goudronnée qui nous y a mené et attaquons la route de gravelle qui s’enfonce dans la campagne namibienne. Une run de 45 minutes nous amène à un chemin de sable qui lui, s’enfonce dans le bush namibien. 2 ou trois kilos encore et nous arrivons en vue du village des bushmen San. Les plus vieux se rappelleront du merveilleux film sud-africain ‘’Les dieux sont tombés sur la tête’’ un chef d’œuvre du septième art dans lequel un pilote de brousse sud-africain un peu négligent laisse tomber dans le bush une bouteille de coke vide. Tombée au cœur d’une tribu San la bouteille, à laquelle les petits hommes du désert trouvent de nombreux usages pratique, attise rapidement la convoitise au sein d’une société qui d’ordinaire ne connait pas ce genre de problèmes. Un des chasseurs de la tribu se met donc en route pour rendre aux dieux ce cadeau empoisonné qui est venu chambouler les valeurs au sein de cette petite société. Tout un synopsis hein, c’est pas d’hier que la pellicule se gaspille!!!


Le peuple San habite la région du Kalahari depuis 5 mille ans et est demeurée une société nomade composée de chasseur et cueilleur jusqu’au début du 20ième siècle. L’arrivée des européens et les changements sociaux et politiques les ont ostracisés en amputant d’abord leur territoire puis, en leur enlevant leur mode de vie ancestral puisqu’ils n’ont plus le droit de chasser de façon traditionnelle. En 100ans, 5000 ans d’histoire ont été annihilés. On ne peut s’empêcher de faire un parallèle avec nos amérindiens.



La visite de ce matin se passe donc dans une reconstitution d’un village San et les protagonistes sont vêtus à la manière traditionnelle. Ils sont tous petits et menus, Julie fait figure de géante lorsqu’elle est invités à danser avec les femmes. Un vieux chasseur nous explique comment ils faisaient du feu simplement avec 2 bâtons (en 3 minutes svp) , puis nous décrit le contenu d’un carquois de chasseur San. Le maigre contenu de ce mini carquois constituait toutes les possessions du chasseur . Nous avons encore droit à des danses et à des chants et la visite s’achève par un passage dans un petit centre de vente d’artisanat. Cette rencontre est très intéressante et instructive mais laisse une certaine amertume lorsque l’on prend la mesure du désarroi de toute cette population. Notre seule consolation vient du fait que nous venons de soutenir, par notre visite et l’achat d’un ensemble arc et carquois, une initiative locale dont les bénéfices sont destinés à aider la population San qui vit dans une pauvreté extrême.



Nous attaquons ensuite un bout de route de 400 kilomètres qui nous mène dans la bande de Caprivi. Allez-voir une carte de la Namibie et vous verrez que ce pays est affublé d’un appendice incompréhensible à qui ne se renseigne pas sur l’histoire de la colonisation en Afrique australe. Faites-le si ça vous intéresse, moi, je suis pas prof d’histoire!! Nous faisons halte sur le bord de la route pour casser la croute et un jeune garçon se joint à nous. Pas très bavard, il nous apprend qu’il s’appelle Mpamba et qu’il a 10 ans. Nous, on s’installe devant des sandwichs jambon-fromage et une salade grecque. Je lui offre un demi sandwich qu’Il s’empresse d’engloutir, puis de la salade et enfin, un autre sandwich complet. Tiens ti gars, prends encore cette bouteille d’eau. Une belle rencontre mais à la fin, il a quand même tendu la main et demandé 10 dollars. Ça tue un peu la magie..



Notre camp pour les deux prochaines nuits se trouve aux abords de la rivière Okavango. Le site est magnifique et j’écris ces lignes auprès du feu et j’entends, dans l’eau en contrebas, les hippopotames qui gigotent dans la rivière. Tant qu’il y en a pas un qui décide de venir me visiter. C’est l’animal qui tue le plus d’humains chaque année sur ce continent. C’est méchant en sivouplait et ultra territorial. Il y a des crocos aussi. Tiens, une autre bonne raison de mettre un point final à cette journée et de courir me réfugier dans la tente sur le toit du pick up.


A Demain.

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