Jusque tard dans la soirée
- sebastien. girard

- 27 mai 2018
- 5 min de lecture
Mawlamyine le 27 octobre 2017 (dans le bus)
Écrire tous les jours un compte rendu n’est pas toujours chose facile, des fois il faut faire du pouce sur pas grand-chose (mais j’ai de l’imagination) d’autres jours, le matériel se présente de lui-même en abondance. Aujourd’hui, c’est une de ces journées.
Après un délicieux petit déjeuner composé entre autres choses de la soupe repas traditionnelle birmane, nous posons de nouveau nos beaux mais endoloris séants sur la selle de notre Honda Wave couleur or. Il nous reste quelques petites choses à voir en ville et débutons en allant voir un Bouddha en bambou tressé. Ça conjugue deux choses très communes dans ce pays : les bouddha et le bambou ! Ce n’est que justice qu’elles soient réunies. Enfin, on va pas faire notre journée la dessus. Puis, nous traversons la rue pour aller visiter un monastère du 19ième dont la mousson n’a pas encore eu raison (et ce n’est pas faute d’y avoir fait pousser force lichen).

Nous avançons à tâtons dans un bâtiment de bois vermoulu et finissons par accéder a une pièce mal éclairée avec un plafond a caisson et des panneaux de bois sculptés et dorés. C’est vraiment beau mais on finit par se demander si notre présence ici est bien permise. En sortant de la pièce un moine sommeillant nous demande de nous identifier dans un livre de visite. La dernière colonne demande de chiffrer notre don. Je lui rends le livre avec 2000 kyats et la magie des espèces sonnantes et trébuchantes opère chez notre vieux moine un réveil spectaculaire. Il se lève d’un bon, retourne dans la pièce de laquelle nous sortons et allume les lumières. Il se met ensuite à nous détailler en birman ce que nous venons de lire en français dans le routard. Comme quoi la dernière reine du pays serait venue se refugier ici à la mort de son mari etc. Ils garde aussi religieusement (c’est le cas de le dire) une réplique d’une dent du Bouddha (dont nous avons vu l’originale à Kandy au Sri Lanka). Il est adorable notre vieux moine ; on a envie de le prendre dans nos bras.

Le grand avantage du motorbike, c’est qu’il nous permet une grande liberté et que l’on finit toujours par explorer ce qui, dans le routard, est indiqué comme étant : « a faire dans la région de »…. Ben dans la région de Moulmein, il y a un mini rocher d’or a environ 25 km en dehors de la ville. Soit, en route pour le mini rocher d’or.
C’est sensiblement le même pattern qu’au gros rocher : un camion benne est aménagé avec des 2 x6 aux 24 pouces pour transporter les pèlerins. Ici, on a pas droit a la petite bourrure sur la planche de bois.. Le contact avec le cul est plus direct. Il y a aussi moins de monde, on ne peut donc pas compter sur l’effet boite de sardine pour nous garder à notre place. C’est un départ a 11 h précise. Et c’est la qu’on a compris que l’autre jour à Kinmun, ce n’était qu’une pratique.. On doit se tenir a deux mains pour essayer de rester à notre place, la route serpente en montant dans la montagne et ma beauté blonde ne peut s’arrêter de rire avec en bonus, des petits cris lorsqu'une bosse inattendue la fait lever de son banc.
Arrivés au sommet, nous nous déchaussons pour finir l’ascension par les escaliers qui commencent, comme toujours, entre deux dragons assis de part et d’autre de l’entrée. Un Homme à côté de nous peine a gravir les escalier avec sa valise et son panier (il est venu faire une retraite). Je lui offre de porter son panier et me fait illico un compagnon de visite. Il nous entreprend, nous explique avec ses 20 mots d’anglais qu’il y a trois rochers superposes en équilibre (tout aussi instable et improbable que Kyiat Hti Yo). Il y a quelque chose qui les fascine dans l’équilibre des cailloux dans ce pays !! Notre nouvel ami nous présente comme l’on présenterait de vieilles connaissances au moine gardien de la pagode et à tout un chacun que l’on croise au long de notre promenade. On est SES étrangers, c’est lui qui nous guide !! Comme partout ailleurs, les gens nous saluent et ils sont nombreux à nous demander de poser pour la photo avec eux. Ce qui est plutôt compréhensible pour ma superbe mais je me demande bien ce qu’ils me trouvent à moi.

Après une heure passée en haut, on vient nous chercher pour la descente (ils sont tellement avenants qu’il ne leur serait pas venu a l’esprit de ne pas nous prévenir du départ imminent du truck montagne russe). Et c’est un départ.. Le gars qui pilote doit être un Jedi. Il descend en faisant compresser le camion sur les deux serpentins de ciment pendant 20 interminables minutes. Nous sommes brassés comme des chaussettes dans la sécheuse si bien que, même si Julie et moi rigolons comme des bossus, ce n’est pas le cas de la passagère derrière nous qui finit la course en vomissant son repas par-dessus le rebord du camion.
Nous revenons nous reposer un peu à l’hôtel pour nous préparer aux 12 heures de bus qui nous attendent pour rallier Mandalay dans le nord du pays au cours de la nuit prochaine.
Un Bus la nuit
Dix huit heures et nous quittons Moulmein en direction de Mandalay. Environ 700 kilomètres que le bus mettra 12h15 min à couvrir. Les sièges sont confos. Nous nous en faisons changer d’ailleurs car le ruban à mesurer que j’ai dans l’œil a déceler environ 2 pouces de plus d’espace pour les jambes du cote gauche du bus ; alors pour douze heures, vous comprenez !! La climatisation est poussée au max et nous comprenons la raison pour laquelle des doudous en polar sont fournies. Ce n’est malheureusement pas suffisant et nous enfilons notre polar en plus et Julie va jusqu’à mettre son capuchon il fait environ 15 dans le bus, les vitre font de la condensation a l’extérieur !!
Vingt heures : arrêt souper. Un bus stop le long de la route. Pose pipi dans des toilette pas tout à fait aux normes d’hygiène occidentales et l’on s’assoit pour un riz frit. Tout le staff, je dis bien tout le staff de service soit environ 8 gars s’assemble autour de nous pour nous regarder manger. Criss j’espère qu’on fait ça correct !!! Un d’entre eux nous fait un bout de conversation et finit par dire que je ressemble à Harizon Fod.. Et pourquoi pas ?? C’est pas moi qui vais le contredire…
Quand je réalise que finalement le bus fera la route a moitie plein, je prends la liberté de quitter le siège numéro 14 que j’occupe auprès de ma succulente et je m’en vais réquisitionner les sièges 21,22,23 et 24. Je ne saurais trop vous recommander la position couchée plutôt qu’assise pour une run de 12 heures en autobus sur des routes construites sur le modèle des planches a laver !! Bonne nuit.



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