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Et on marche, et on marche

  • Photo du rédacteur: sebastien. girard
    sebastien. girard
  • 24 mai 2018
  • 4 min de lecture

Encore perdus dans la campagne birmane le 4 novembre 2017

Vous savez, j’ai entendu les plus curieux d’entre vous vous poser la question : « je me demande comment c’est organisé cette affaire de trek a la birmane ?? ». Eh bien soit, je vous exauce, et je vous explique. Environ 65 kilomètres séparent Kalaw du Lac Inle mais nous, on pique en travers les champs alors on devrait marcher 55 kilos en tout. Donc, nous avons notre fidèle James, l’homme a la grande faconde (pour le coup celui la, tu vas le chercher sur wikipedia svp), qui nous enseigne son pays natal mais z’en plus, il y a un chef cuisinier qui nous précède pour le lunch et pour le souper et qui nous cuisine 3 fois plus de manger qu’on est capable d’en avaler !! A chaque pause repas, on sait qu’on va être attaqué par une armée de petits plats au milieu desquels on peine à distinguer le principal !!


J’ai eu de la grosse misère à terminer la journée hier car le gros tendon qui part d’en dessous de mon gros orteil vers mon talon dans l’arche du pied me fait mal en sivouplaît. Qu’à cela ne tienne, mon infirmière privée nous a apporté une trousse de secours dans laquelle je puise une généreuse louchée de voltaren que je me suis frictionnée là où ça me fait mal. Ce matin, en reprenant la route, je tolère la douleur mais je me suis mis deux bas sur le pied gauche dans ma sandale Keen, ça fait chic !! A la pause de 9h00m nous avons déjà parcouru 5 kilomètres et j’ai peur de ne pas finir la journée. James le birman me tend une huile de moutarde additionnée de térébenthine dont il se servent comme liniment (Ah celui là, j’ai bien du plaisir a le placer), pour soulager les muscles endoloris.



Au cours de la marche ce matin, nous avons croisé un hameau au milieu duquel il y avait un étang et dans l’étang, un gars lave une vache pendant qu’une autre attend son tour. Grand Dieu Julie, regarde, je crois bien que c’est là un birm’hand cow wash !


Nous arrivons perclus au bivouac du midi bien avant l’heure prévue. Ça tombe bien, il y a des nattes sous un auvent et il y a même des oreillers. Nous, sans même qu’on ait besoin de nous faire un dessin, on s’en sert correctement !! C’est vous dire si l’on s’est adaptés au pays !!


Après le lunch, nous faisons un arrêt dans un monastère que tous les moines ont déserté pour aller faire on ne sait quoi on ne sait où. Mais ils ont laisse la place aux kids !!! 7 ou huit moinillons entre 6 et 12 ans nous reçoivent et nous partageons avec eux de joyeux moments.



Un peu plus tard, nous arrêtons dans un village et entrons dans une la maison d’une vieille femme. A 74 ans, à la campagne, dans ce pays, elle a dépassé de huit ans l’espérance de vie moyenne !! Elle marche pliée en deux d’avoir travaillé aux champs toute sa vie mais elle va dans sa petite maison d’un pas assuré et nous reçoit comme de la grande visite. En nous voyant arriver, 6 petits enfants se pointent aussi dans l’encadrement de la porte sans oser rentrer. La vieille les fait s’asseoir devant nous en rang d’oignon et ils nous regardent comme on regarde une girafe au zoo. Et là, elle arrive avec une merveille gastronomique toute simple. On produit beaucoup de peanuts dans le coin et elle s’affaire dans la cuisine, sur un feu de bois, à nous en faire frire une demie livre dans l’huile. Elle les présente devant nous encore grésillantes et couvertes d’un peu de sel. Du bonheur pour les papilles. Nous gonflons des ballons pour les enfants (on les a piqués à Thomas à la maison) et nous restons en compagnie de cette vieille, des enfante et d’une jeune maman avec son bébé qui s’est joint à nous pendant un bon 40 minutes. Elle est tellement attachante, Julie au cœur tendre ne veut plus s’en aller.




En arrivant au village ou nous dormirons, il est impératif que nous nous lavions peu importe de quoi ça aura l’air, on passera pas une autre journée sans se débarbouiller un peu. Eh bien au milieu du village, avec un peu de verdure a la hauteur des aisselles et une espèce de bâche orange qui délimite le périmètre, il y a un cylindre de béton au fond duquel il y a environ 16 pouces d’eau. Sur le rebord du cylindre, un plat en métal que l’on confondrait aisément avec un bol a chien doit servir au doucheur à s’asperger. Nous y allons ensemble, pensant à juste titre qu’une serviette tendue pourrait sauvegarder le peu d’intimité que cet endroit offre. Ah oui, évidemment, l’eau est froide.. Je te jure, te laver la poche à la débarbouillette au milieu d’un village en Birmanie avec les paysans qui rentre des champs à gauche et à droite de toi, c’est pas winner winner pour la dignité !!


Encore une fois notre chef perso nous a fait un souper gargantuesque et nos hôtes, bien plus accueillants que ceux d’hier, partagent avec nous un peu de leur baboche de riz faite maison !!

A 8 h 40, on en peut plus alors svp, laissez-nous dormir !!

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