Dans lequel je réalise un rêve de plusieurs années.
- sebastien. girard

- 1 juin 2018
- 4 min de lecture
Senyati camp, Kasane, Botswana le 4 novembre 2016
Ça aurait pu commencer doucement comme journée, les oiseaux perchés dans l’arbre au-dessus de notre tente nous avaient réveillés plus rigoureusement encore que le meilleur des cadrans, nous avion pris le temps de relaxer et nous étions debout depuis peu. Tranquille, je préparais le second café tandis que Julie essayait d’améliorer ce que la nature a déjà créé parfaitement. Soudain, j’entends des cris et une commotion au terrain de camping voisin, je me tourne juste à temps pour voir un babouin s’éloigner de chez notre voisine avec un sac dans ses mains tandis que celle-ci cherche désespérément quelque projectile à envoyer à la gueule du primate. Moi, je lui demande si ça va et de quoi le chapardeur l’a privée?? De Café, me répond-t-elle mais elle le récupère 25 mètres plus loin, les babouins Botswanais n’ayant pas encore maitrisé le fonctionnement d’un percolateur..
Mais le petit maudit commence à tourner autour de notre emplacement et à lancer des regards intéressés vers notre cuisine extérieure. Je le suis du regard et le charge à deux ou trois reprises pour l’éloigner mais tout à coup, il prend sa décision et cours en direction de notre petit comptoir sur lequel est posé un bac de plastic remplis d’une partie de notre nécessaire de camping. Je m’élance vers lui mais il se retourne, me regarde et me fait une baboon méchante. Il n’en fallait pas plus pour que je recule, intimidé par sa gueule de petit bum. On sait jamais, livre pour livre, je sais qu’il est plus fort que moi et en plus, il a des canines de 4 cm. Monsieur entreprend d’ouvrir notre bac de plastique, le renverse et se saisis du premier ziploc qui lui tombe sous la main. Si son comportement démontre qu’il est pourvu d’une intelligence certaine, il nous prouve cependant une fois de plus pourquoi nous somme plus haut que lui dans la chaine de l’évolution. Ce con n’a rien trouvé de mieux à faire que de s’emparer de l’allume feu et des paquets d’allumettes. Bien fait pour lui.

À 7heures précises, nous rejoignons nos compagnons d’expédition pour la journée. Nous montons dans notre transport et sortons du camp; direction la frontière Zimbabwéenne. (C’est pas facile à écrire ni à prononcer!!). Poste frontière Botswanais d’abord, et, 200 mètres plus loin, poste frontière Zimbabwéen (encore!!) et nous voilà au pays de Mugabe!!! Il existe un seul endroit au monde ou 4 pays se partagent une frontière et c’est ici : Namibie, Botswana, Zambie et Zimbabwe. (Tiens, encore une info gratisse que tu vas pouvoir dropper si jamais tu réussi à amener la conversation sur le sujet!). Encore 70 kilomètres et nous arrivons à destination.
Le fleuve Zambèze, dans son cours impétueux (pour dire vrai, je n’ai aucunes idées s’il est impétueux ou pas le Zambèze, mais le vocabulaire, c’est comme les instruments pour la cuisine, si tu t’en sers pas, tu oublies que tu les as. Les couteaux et les fourchettes c’est bien utile mais quand tu sors tes moules à cannelés bordelais en cuivre, ça fait toujours son effet). Le fleuve impétueux donc, rencontre à un certain point une faille géologique de 100 mètres de profondeur et de 1.7 kilomètres de longueur. Les indigènes appelait l’endroit Mosi oa Tunya : la fumée qui fait du tonnerre. Aujourd’hui les chutes Victoria.
A 45 ans, c’est pas tous les jours que tu peux te dire en toute conscience : Je suis en train de réaliser un rêve. Depuis que je connais Julie que je lui dis qu’un jour, nous irons en plein cœur de l’Afrique pour observer cette merveille de la nature. Depuis des années, je me dis que ce sera un voyage fascinant sur les traces des explorateurs qui ont fait connaître ce continent. Eh bien c’est aujourd’hui que ça s’est réalisé. Je peux faire un gros check sur Victoria falls!!
Le site, qu’ils auraient aisément pu transformer en Disneyland, est d’une sobriété surprenante. Les Zimbabwéens en ont fait un parc national et nous attendent avec une jolie facture pour y accéder.. M’en fout!! Ça n’a en fait aucune importance. Il y a une promenade qui suit la crête de notre côté de la gorge et nous voyons sur la rive opposée, le Zambèze s’élancer dans le vide et reprendre son cours 108 mètres plus bas. C’est magnifique et le soleil se met de la partie pour nous donner une lumière exceptionnelle dans laquelle nous voyons s’élever la bruine qui remonte de la gorge tel des volutes de fumée (c'est pas dans le écho vedettes que tu vas tomber sur des phrases tournées comme celles-là) . Comme vous voyez, nous avons pris le temps d’en profiter.. Nous sommes à la fin de la saison sèche et le débit est très faible, j’imagine a peine le spectacle au moment de la crue du fleuve!!
De retour à notre campement, nous expédions le souper et allons au bar surplombant le point d’eau pour rigoler avec nos nouveaux amis Belges que nous avons connus pendant le transport aujourd’hui. Les éléphants, bien que moins nombreux qu’hier, sont au rendez-vous et demeurent nos compagnons jusqu’aux au-revoir.
Oui, une bonne journée, une très bonne journée.
CHECK!!























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